poussin et in arcadia ego English

Nicolas Poussin

Les Bergers d'Arcadie

ET IN ARCADIA EGO

poussin et in arcadia ego

Au 17ème siècle, pour les personnes instruites, le nom Arcadie évoquait la tradition pastorale, ce genre se développant dans la poésie comme parallèlement dans l'écriture épique depuis la période Grecque classique. La tradition décrit la vie si appréciée, si insouciante des bergers et des bergères ayant passé tout l'été en plein air, gardant leurs bêtes, et de ce fait comblant l'abondance de temps en jouant de leurs flûtes et en composant de la poésie.

Les sources littéraires sont nombreuses: de l'Eclogues ou du Bucoliques de Virgile à l'Arcadia de Jacopo Sannazaro (1502) , tous appelant cet endroit imaginaire, le "royaume de l'Utopie". Cependant l'expression "et in arcadia ego" ne peut être rattachée à aucune source classique connue. La traduction des mots latins signifie : "même dans Arcadie j'existe", où "Je" est considéré comme representant la mort.

En peinture, la source visuelle fait son apparition chez l'artiste précurseur bolognais "Guercino", ou Le Guercin (1591-1666), qui a peint son Et In Arcadia Ego autour de 1618-1620 , l'oeuvre exposée maintenant dans la Galleria Corsini à Rome. En toute probabilité elle fût commissionnée par la famille florentine Barberini, une des plus importante protectrice des arts à Rome, d'ailleurs le cardinal Francesco Barberini lui avait déjà commandé La mort de Germanicus. Est-ce cet homme qui a alors averti Poussin de la création de l' oeuvre de Guercin?

Poussin a, en fait, peint deux oeuvres sur le même thème de la "mort dans l'Arcadie". Il réalise la première peinture vers environ 1630-1632 (elle se trouve maintenant dans la collection du duc et de la duchesse de Devonshire, Chatsworth House, Derbyshire, Angleterre). Elle montre dans une campagne idyllique deux bergers en compagnie d'une charmante jeune femme, découvrant avec frayeur un tombeau portant le message inquiétant. Ils sont représentés se penchant en avant contemplant leur terrible découverte. Comme dans l'oeuvre de Guercin, mais avec moins de proéminence, sur le tombeau, repose un crâne - un attribut essentiel de memento mori. Poussin ajoute également le dieu du fleuve, Alpheus, à 'assemblée. Le visage de la jeune fille donne une note de mélancolie. C'est une oeuvre à caractère plus sérieux et plus solennel que la deuxième .

Comme pour la première version, nous ne savons pas qui a commissionné la deuxième oeuvre, exécutée autour de 1638-1640 et maintenant exposée dans le Musée du Louvre à Paris. Toutefois elle était destinée a devenir beaucoup plus célèbre. En effet en 1685, elle rentre dans la collection de Louis XIV et pendant les deux siècles suivants inspire des artistes, des auteurs, et des poètes . Elle sera même copiée par Louis Deprez au 19ème siècle qui réalise un bas-relief d'un monument conçu par Chateaubriand pour l'église de San Lorenzo à Lucina, Rome, pour marquer l'endroit où est enterré Poussin.

Le tableau du Louvre, monumental et silencieux, montre un groupe plus détendu autour du tombeau qui, au lieu d'une réaction dramatique, semble méditer sur la signification de l'inscription. Ici Poussin ne dépeint pas les bergers insouciants et simples, censés habiter Arcadie, mais à leur place, des figures classiquement formées, sobres et fines de l'antiquité. En effet la jeune femme, se tenant debout à la droite du groupe, exposée symétriquement et un peu en relief, manifeste l'idéal classique; avec le front lisse, le nez fin, les proportions élégantes et l'allure statuesque. Le crâne à disparu, ainsi qui prononce maintenant "Et in Arcadia ego"? L'historien Panofsky suggère une modification de l'interprétation du sujet, précisant: "l'oeuvre ne représente plus une rencontre dramatique avec la mort, mais une méditation contemplative sur l'idée de la mortalité". Claude Lévi-Strauss quant-à lui, propose une autre interpretation: c'est la jeune fille qui par son immobilisme représente la mort ou le destin. Dans ce sens, c'est elle qui prononce les mots fatidiques, qui nous sont suggérés par le jeune berger de droite, tourné face à elle, montrant du doigt l'inscription.

Le prêtre, les tableaux et un trésor fabuleux

Rennes-le-Château

Rennes-le-Château est un village perché du sud-ouest de la France, presque inaccessible, posé sur un affleurement rocheux avec une vue spectaculaire de la campagne de Rhazès vers Carcassonne au nord, et des montagnes pyrénéennes au sud. Avec ses défenses naturelles et ses ressources abondantes, cet emplacement antique a révélé lors de recherches archéologiques, la présence de l'homme depuis plus de 3000 ans. Là, les gaulois ont créé un site commercial important, dont le nom actuel est dérivé du mot gaulois '"Reda"; un chariot à quatre roues. Les Romains ont également colonisé le secteur, consacrant les bains saints tout près. Mais se sont les Wisigoths qui l' ont transformé en ville prospère, connue sous le nom de Rhedae. En 410, après avoir pillé Rome et capturé le magnifique trésor de Jérusalem, déjà dérobé par l'empereur Titus en l'année 10, les Wisigoths ont occupé la totalité de la Gaule et de l'Espagne méridionale, créant ainsi le royaume le plus puissant du monde occidental, avec Toulouse en tant que capitale.

Mais les Wisigoths ont été chassés par les Mérovingiens (ou Francs), menés par Clovis, qui met le feu à Toulouse, encore soumise à l' invasion arabe. Cette dernière sera enfin arrêtée à Poitiers, par Charles Martel, et repoussée de nouveau en Espagne. Charlemagne, devient alors, le maître tout-puissant d'un immense empire, et donne à un de ses chefs, la ville de Carcassonne avec ses terres attenantes dont, Rhedae. Celle-ci devient ville royale, par le mariage d'Almaric, fils d'un roi wisigoth, avec la princesse franque Clothilde, et sera célèbre pour sa cour.

Au 11ème siècle, le rayonnement de Rhedae a commencé à diminuer. La terre étant vendue à la Maison de Barcelone, et mise à la " torche" par Simon de Montfort et ses croisés contre l' hérésie Cathare. Puis, elle sera soumise au pillage et à la terreur par les "Routiers", une troupe armée et sauvage de mercenaires, pour finalement agoniser lors d' une épidémie de peste. Ainsi la ville de Rhedae disparait pour toujours, laissant seulement le petit village aujourd'hui connu sous le nom de Rennes-le-Château avec ses maisonnettes se nichant autour des ruines du château de Pierre de Voisins et l'église de Sainte-Marie-Madeleine.

La dernière Dame du village; Marie de Négre d'Ables, Dame d'Hautpoul de Blanchefort, est morte dans le château de Rennes en 1781. Mais ce n'était pas la fin pour le village, plutôt le commencement d'une histoire incroyable!

Abbé Antoine Bigou

La Dame d'Hautpoul de Blanchefort était la détentrice d'un grand secret transmis dans sa famille depuis des générations. Avant sa mort, et n' ayant aucun fils, elle décide de confier ce secret, avec certains documents importants, à son confesseur l'abbé Antoine BIGOU, prêtre de la paroisse de Rennes-le-Château, lui demandant qu'il transmette ce secret fabuleux à une personne digne de confiance.

A cette époque,la France vit une période de malaises politiques et sociaux qui devront la conduire à la révolution de 1789. C'est ainsi, que l' abbé profondément troublé par ce qu' il vient d' apprendre décide de cacher les documents dans la cavité d' un pilier wisigothique servant à soutenir l' autel de l' église de Sainte-Marie-Madeleine. Puis il fait enlever une grande dalle de pierre du tombeau d'Arques (petit monument funéraire situé sur le méridien zéro, non loin de Rennes), qu'il place sur le tombeau de Marie de Négre et y grave les inscriptions en latin et grec:

ET IN ARCADIA EGO

À la tête de cette pierre tombale, est érigée une autre pierre, proposant une épitaphe, dont les nombreuses irrégularités qu'elle contient attire notre attention sur sa nature. En effet, elle se présente comme un cryptogramme, dont l'interprétation indiquerait un endroit secret.

Pendant ce temps, à l' intérieur de l' église, l' abbé fait retourner une pierre sculptée, extrêmement ancienne, datant de l' époque carolingienne, représentant un chevalier et un enfant sur un même cheval (qu'on appellera la "Dalle des Chevaliers"). À l'heure de la révolution française, et en raison de ses connotations religieuses, il a considéré plus sage d' agir de la sorte pour la cacher.

Peu de temps après, il est déclaré prêtre rebelle, et doit fuir pour se sauver, en Espagne, où il meurt 18 mois plus tard, mais auparavant il a réussi à transmettre le secret à un autre prêtre exilé; l'Abbé Cauneille. Celui-ci le communique à son tour à deux autres prêtres; l'abbé Jean Vié, le prêtre de la paroisse de Rennes-les-Bains de 1840 à 1870, et l'abbé Emile Vayron, le prêtre de la paroisse de St Laurent de la Cabrerisse durant la même période. Ils apprennent alors, qu' un trésor inestimable est caché dans le Rhazèz, entre Rennes-le-château et Rennes-les-Bains, en douze lieux différents, la clef du secret se trouve dans l' épitaphe de l' abbé Bigou pour Marie de Négre et qu' il existe également des documents de grande importance historique

Le sort a voulu que ce soit deux autres prêtres qui découvriront les détails de ces secrets:

- L'Abbé Henri Boudet qui a succédé à Jean Vié en tant que prêtre de la paroisse de Rennes-les-Bains et intentionnellement instruit par l'abbé Cayron?

- L'Abbé Bérenger Saunière, qui est devenu le prêtre de la paroisse de Rennes-le-Château en 1885.

Abbé Henri Boudet

À l'âge de 50 ans, l'abbé Boudet est un homme extrêmement cultivé, érudit, énigmatique, un promeneur infatigable, spécialiste en archéologie de terrain et en langues antiques. Il a publié un livre étrange intitulé "La vraie langue Celtique et le Cromleck de Rennes-les-Bains" dans lequel, il indique dès le début, que l' on utilisera son oauvre comme un outil de décodage ... pour pénétrer le secret d'une histoire locale, par l'interprétation d'un mot composé dans une langue étrangère". Dés sa parution, les critiques littéraires qualifièrent cet ouvrage de "travail fantastique et indescriptible", pourtant rempli de l'humeur et d'absurdités évidentes en complet désaccord avec la personnalité de son auteur. L'abbé révélait dans son oeuvre, entre les lignes, l'endroit où l' on avait caché 12 coffres dont chacun pourrait être ouvert en utilisant un nombre spécial et ainsi indiquer le lieu cachant le secret mystérieux de Marie de Négre.

Déçu de la façon dont son livre a été reçu, l'abbé Boudet conçoit alors, un plan pour immortaliser le secret dans les pierres de l' église Ste-Madeleine. Il la décore de telle manière, qu' elle en devient l' illustration parfaite. Pour entreprendre ce projet, il choisit le nouveau curé Bérenger Saunière. Pendant ce temps, dans toute sa paroisse de Rennes-les-Bains, il falsifie délibérément les pierres tombales du cimetière,ses abords, et lors de ses ballades, change le paysage en déplaçant de certains endroits des croix en pierre, et en en créant d'autres.

Abbé Bérenger Saunière

Né en 1852, il est l' aîné de 7 enfants d' une famille pauvre de Montazels, un village situé juste à quelques kilomètres de Rennes-le-Château. Il y sera nommé comme responsable de la paroisse. Il a alors 33 ans, c' est un bel homme, rempli d'enthousiasme, d' énergie et très outragé par l'état désastreux de l' église et du presbytère. Pendant les élections parlementaires d'octobre 1885, de son pupitre rocheux supporté par un pilier antique, il encourage ses paroissiens à voter contre les républicains, anti-catholiques. Mais ces derniers remportent la victoire, et il est envoyé en exile dans un séminaire à Narbonne sans plus aucuns revenus.

L'année suivante, probablement, grâce à l' intercession de l'abbé Boudet, il est rétabli dans ses fonctions. Ainsi, il commence le long processus de restauration de l' église en utilisant les donations des sympathisants monarchistes. Le plus intrigant, un certain M. Guillaume, apparemment un envoyé de la Comtesse de Chambord (une Habsbourg) veuve depuis deux ans, son mari ayant été un prétendant à la couronne de France et le dernier descendant de la famille des Bourbons. Ce M. Guillaume (en réalité Johann de Habsbourg, archiduc d'Autriche- Hongrie) donne au curé la somme énorme de 3000 francs, et en échange lui demande de rechercher et trouver tous les documents cachés dans l'église, en particulier ceux considérés si "explosifs" par l'abbé Bigou. Il devient ainsi un visiteur très constant.

La restauration a débuté avec le déplacement du vieil autel, soutenu d'un côté par deux vieux piliers, dont un porte la croix du silence wisigothique sculptée dessus. Lors de la manipulation une dalle est cassée, découvrant une cachette à l' intérieur de laquelle se trouve un trésor; un récipient rempli de pièces d'or, sûrement celui des nobles locaux, qu'ils ont confié à leur curé Antoine Bigou avant leur fuite à l'étranger après l'exécution de Louis XVI et la chute de la monarchie.

Après cette découverte, le travail est remis à plus tard. Les ouvriers présents sur les lieux racontent qu' ils ont vu le prêtre enlever un tube en bois avec des joints de cire du capsa (endroit habituel pour déposer les reliques saintes). On suppose que ce tube contenait deux parchemins et un manuscrit, ce dernier, décodé par l'abbé Boudet, a donné une anagramme de l' épitaphe de Marie de Nègre ainsi que le message suivant:

BERGERE PAS DE TENTATION
QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX 681
PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU
J'ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES BLEUES

Ce message se rapporte à l'église de St-Sulpice à Paris, un temple ésotérique copié du temple de Solomon et fini avant la mort de Marie de Nègre, établi sur les terres de l'abbaye de St-Germain-des-Prés, où les rois Mérovingiens ont été enterrés jusqu' à la construction de la basilique à St-Denis. Il encourage la personne qui déchiffre le message à rester silencieuse au sujet de la découverte jusqu'à l'année 1891.

Cette année particulière, est clairement mise en référence dans l' épitaphe de Marie de Nègre. Puisque sa mort s'est produite en 1781, sur la partie appropriée de l'inscription on devrait lire:

XVII JANVIER MDCCLXXI (c.-à-d. 1781 dans des numéros romains)

cependant Antoine Bigou a gravé intentionnellement

XVII JANVIER MDCOLXXXI

remplaçant le deuxième 'C' par un 'O', qui n' existe pas dans les numéros romains. Si ce caractère est ignoré, l'année 1681 est alors inscrite. Puis, traitant l' 'O' (qui nous rappelle "le méridien zéro" qui traverse Rennes-les-Bains et St-Sulpice) comme pivot autour la date, l'année 1681 devient 1891.

C'était en fait l'année l'où Bérenger Saunière fait une découverte qui devait changer totalement sa vie. Dans son journal intime il le note, simplement, ainsi: "lettre de Granes - découverte d'un tombeau - pluie".

TL'indice à l'endroit du tombeau a été réellement découvert par le bedeau, Antoine Captier, en sonnant l'angélus pour le service du soir. Descendant du beffroi, il entrevoit quelque chose de brillant dans la partie supérieure d'un vieux balustre en bois jeté de côté pendant le travail de restauration. Un emplacement creusé dans le bois renferme une fiole, elle-même contenant un parchemin enroulé. Il l'a donne immédiatement au curé.

Sur le parchemin, signé par Jean Bigou, l'oncle d'Antoine Bigou et son prédécesseur comme prêtre de la paroisse, a été écrit un indice menant à l'emplacement où se situait le pilier wisigothique, non loin d'où les ouvriers découvrir la pierre retournée par Antoine Bigou il y a cent ans. C'était certainement la même pierre - la "Dalle des Chevaliers" - et dessous, dans une cachette, le curé découvrit un crâne, perçé de l'incision rituelle (effectuée sur les morts à l' époque mérovingienne pour permettre à l'âme de s'échapper vers le ciel) ... et l'entrée d' une chambre forte. Dégageant la rocaille, il trouva des marches menant sous l'église. En effet le registre de paroisse de 1694 se rapporte à un tombeau des "seigneurs de Rennes" que l' on supposait être à proximité.

À partir de ce jour, Bérenger Saunière et sa gouvernante, Marie Denarnaud, ont vécu de façon somptueuse et luxueuse, comme s'ils avaient eu accès à une fortune inestimable.

Les Deux Parchemins:

Les parchemins trouvés à l'intérieur du pilier wisigothique n' ont pu être déchiffrés que par un paléographe. L'abbé Boudet a recommandé à l' abbé Saunière d'aller voir l'évêque de Carcassonne, Monseigneur Félix Billard, qui à son tour l'a envoyé au séminaire de St-Sulpice à Paris, pour faire examiner les parchemins par des disciples religieux. Il est resté là pendant 5 jours, a été présenté au célèbre occultiste Emile Hoffet (qui a écrit de nombreuses études sur la franc-maçonnerie), et également à la chanteuse Emma Calvé, disciple de Joseph Péladan qui, dés 1891, fonde l'ordre cabbalistique de "la Rose+Croix du Temple et du Graal". À partir de ce moment là, l'abbé Saunière aurait fréquemment invité ces personnes à Rennes-le-Château.

Les Tableaux:

Pendant son séjour à Paris, le curé sera apparemment chargé (par personnes inconnues) de visiter le Musée du Louvre pour obtenir des copies de trois tableaux: "Les Bergers d'Arcadie" par Nicolas Poussin, "La Tentation de Saint-Antoine" par David Teniers le jeune, et un portrait du pape Célestin V, d'un artiste inconnu. Le premier tableau était de loin le plus célèbre, le second un peu moins, puisque Teniers a peint plusieurs oeuvres sur ce thème, et le troisième jusqu'à ce jour n'est pas été identifié avec certitude.

On recherche toujours la signification de ces oeuvres, mais, c'est seulement sur celle de Poussin identifiée de façon certaine, que naturellement les efforts se concentrérent. C'est le contenu et la géométrie de la peinture qui sont significatives. En termes de contenu, on dit que le paysage montagneux dans le fond du tableau reprend les découpes du paysage des alentours de Rennes-les-Bains et Rennes-le-Château. En outre, le tombeau représenté dans la peinture est considéré comme ayant eu ses contre-parties exactes dans un tombeau existant sur une butte rocheuse donnant sur une courbure du fleuve Rialsesse, près du hameau Les Pontils, juste à quelques kilomètres de Rennes. Aujourd'hui, il ne reste que la galette basse du tombeau, car le propriétaire des terres, consterné par la tentative constante des chercheurs de trésor d' ouvrir le tombeau, l'a démoli en 1988.

En ce qui concerne la géométrie des tableaux, et depuis son étude par Henry Lincoln (" l'Enigme Sacrée", 1982) de nombreuses analyses seront effectuées, la plus détaillée, et couvrant chacun des trois tableaux, a été réalisée par Richard Andrews et Paul Schellenberger ("La Montagne Sacrée", 1996). Cette géométrie essentiellement pentagonale en structure, et dite "sacrée", mais nullement nouvelle, car utilisée depuis la période de l'antiquité égyptienne, et également par les artistes de la Renaissance, qui peindront pour les initiés et cacheront tout nombre des mystères religieux ou sacrés à ceux ne le sont pas (réf. Robert Lawlor - "Sacred Geometry", 1982).

Ce qui est particulièrement intéressant dans ce cas, c' est qu'Henry Lincoln a pu démontrer les liens étroits entre la géométrie utilisée dans les tableaux et celle trouvée réellement, en l' analysant dans la topographique des cartes officielles IGN de la campagne autour de Rennes.

Les Projets de construction:

Après être revenu de Paris, le curé, aidé de sa fidèle gouvernante, décide de cacher certaines de ses découvertes; en commençant par l'entrée secrète sous la "Dalle des Chevaliers", puis effaça l'inscription sur la pierre tombale de Marie de Nègre, avant de déplacer les restes de sa dépouille dans un ossuaire déjà creusé parmi les tombes du cimetière!

Au même moment, l' abbé voyage à travers la France et à l' étranger, apparemment pour solliciter des subventions afin de restaurer son église. L'argent afflue alors de toute l' Europe, une grande partie sous forme de mandats de la part des communautés religieuses, et rendus payables au nom de Marie Denarnaud, sa gouvernante. Ainsi les travaux reprennent, et des sommes énormes sont dépensées, allant même jusqu' à financer une équipe d' artistes et de décorateurs d'Italie.

La restauration de l'église se termine en 1897, alors débutent différents projets de construction sur un terrain du village, acheté au nom de Marie Denardaud:

- une maison; la Villa Béthania, de style Renaissance qui devait devenir son nouveau lieu de résidence.

- des tours; dont La Magdala, de style néogothique construite sur une galerie semi-circulaire, installée sur le bord de la falaise, et à l'autre extrémité de l'ensemble une deuxième tour, abritant un jardin d'hiver en haut. La Tour Magdala sera sa nouvelle bibliothèque.

- de magnifiques jardins, une plantation d'orangers, des fontaines et une ménagerie.

Le train de vie du curé et de sa gouvernante est considérable, ils reçoivent régulièrement des personnes célèbres d'une manière somptueuse. Mais la population et le clergé local, y compris l'abbé Boudet, sont scandalisés d'un tel étalage si manifeste de leur richesse. Après 1903, à la mort de son "protecteur", Monseigneur Billard, puis de celle du conciliant pape Léon XIII (ami de la famille de Habsbourg), cette fortune attire l'attention du nouvel évêque de Carcassonne, Monseigneur de Beauséjour, et du nouveau pape Pie X, qui considèrent moins favorablement les activités de ce prêtre exubérant.

Saunière se retrouve de nombreuses fois devant les tribunaux, accusé par l'église de simonie (trafic de messes), de train de vie injustifié, de dépenses excessives. Il sera même obligé de vendre ses meubles, l'argenterie et certaines collections pour financer sa défense. En conclusion, en 1911, le Vatican lui retire ses droits sacerdotaux et un autre curé dirige la paroisse de Rennes-le-Château. L'évêque de Carcassonne lui offre d' arranger son retour s'il renvoie ce qu'il a "détourné", mais c'est impossible, puisque tout est au nom de Marie Denarnaud.

Mais sa délivrance arrive avec la nomination du pape Benoit XV, un homme aux vues libérales, semblables à celles de Léon XIII, et Saunière obtient son rétablissement. Les travaux reprennent, avec des projets toujours plus exagérés!

Le 17 janvier, 1917, sa gouvernante le retrouve prostré devant la Tour Magdala, apparemment victime d' une congestion cérébrale grave et soudaine. Coïncidence étrange, c'est aussi un 17 janvier, que la pierre tombale de Marie de Nègre à été supprimée, et cette date correspond également au jour de la fête de St-Sulpice. Fait curieux, seulement cinq jours plus tôt, quelques paroissiens lui rendant visite ont déclaré l' avoir vu en bonne santé, mais ce même 12 janvier, Marie Denarnaud commandait un cercueil pour le curé.

On fit venir un prêtre, l'abbé Rivière, d'une paroisse voisine pour entendre sa confession et pour lui administrer les derniers sacrements. Mais on raconte que celui-ci quitta la chambre du malade très rapidement, si accablé par les révélations, qu'il ne pourra plus jamais sourire. Une chose est certaine, quoi qu'il ai entendu des lèvres du mourrant, il ne lui a jamais administré extrême onction, et Saunière décède le 22 janvier 1917. Le matin suivant, son corps a été placé debout dans un fauteuil sur la terrasse près de la Tour Magdala, habillé d'une robe longue fleurie avec des glands écarlates. Unes par unes, les personnes présentes aux obsèques et dont les identités non pas été révélées, ont défilé, plumant des glands ressemblants à ceux de son vêtement. Cette cérémonie étrange est restée sans explication jusqu'à ce jour.

La lecture du testament du curé se déroula sans histoires, car à la stupéfaction de chacun, il déclarait être sans un sou. En fait, il avait transféré toutes ses richesses à Marie Denarnaud longtemps avant.

Après la mort de l'abbé, Marie Denarnaud a vécut de façon confortable dans la Villa Béthania jusqu'en 1946. C'est juste après la seconde guerre mondiale, quand le nouveau gouvernement français a publié une nouvelle règlementation afin d'appréhender les fraudeurs fiscaux. Ainsi, les collaborateurs, les profiteurs de guerre , ont été obligés de justifier leur épargne en changeant leur vieil argent. Plutôt que de fournir des explications, Marie choisit alors la pauvreté, et brûla dans le jardin de sa villa des liasses de vieux billets.

Pendant les sept années suivantes elle vécu une vie austère, utilisant l'argent obtenu à partir de la vente de la Villa Béthania à Monsieur Noel Corbu et son épouse, qui de ce fait devenaient les héritiers du domaine. Elle avait également promis à M. Corbu qu'avant sa mort elle lui délivrerait un secret qui le rendrait très riche et très puissant. Malheuresement pour M. Corbu, ceci ne devait jamais se passer, et le 29 janvier 1953, Marie, comme l'abbé Saunière avant elle, eut une attaque cérébrale, la laissant muette sur son lit de mort.

Le Trésor:

À ce jour, en dépit des nombreuses recherches effectuées par des auteurs, des érudits, des historiens et des chercheurs de trésors, venus des quatre coins du monde, le secret n' à toujours pas été révélé. Ceci ne signifie en rien, qu' il n' y a pas eu de découvertes concernant des informations et des indices importants. Voici une brève liste théorique relative au contenu du trésor de Saunière:

- L'or wisigoth, qui serait composé en grande partie du trésor de Salomon; comme par exemple la Menorrah en or massif, ce candélabre à sept branches, dont on perd la trace après son arrivée à Carcassonne.

- Le trésor de Dagobert.

- Le trésor de Blanche de Castille, constitué de la rançon demandée en échange de son fils St Louis, et qu' elle aurait caché dans le Rhazès, après avoir entendu parler de l' exécution de ce dernier par ses ravisseurs.

- Le trésor des cathares, retiré en hâte de Montségur, avant que ceux-ci ne se rendent à Simon de Montfort.

- Des objets, considérés comme de grands symboles religieux, tels que le Saint Graal, l'Arche de l'Alliance ...

- Un document important, prouvant l'évidence du mariage entre Jésus et Marie- Madeleine, et impliquant l'existence d' une descendance vivant de nos jours.

Découvertes Récentes:

A l'été 2001, en utilisant des sondeurs à ultrasons, une équipe de la Fondation J.Meril de Californie dirigée par le docteur Eisenman de l'université de Longbeach, a découvert une crypte sous l'église. Après analyse et datation des échantillons du sol, elle a été datée du cinquième siècle ap. J-C. De plus, on a mis à jour un coffre enterré sous la Tour Magdala (construite par Saunière); il mesurait 1 mètre de large par 90 centimètres de haut. On pense qu' il contenait des documents.

L'équipe obtient, l'autorisation de poursuivre ses recherches, mais sous la surveillance du Vatican ...

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Bibliographie

E Panofsky - "Et in Arcadia Ego. On the conception of Transience in Poussin and Watteau", Philosophy and History, Essays presented to E Cassirer, Oxford 1936.

Claude Lévi-Strauss - "En regardant Poussin", Regarder, Ecouter, Lire, Paris 1993.

Pierre Rosenberg, Véronique Damian - "Nicolas Poussin", Editions d'art Somogy, Paris 1994.

Christopher Wright - "Poussin Paintings, A Catalogue Raisonné", Hippocrene Books Inc, New York 1985

Sister Wendy Beckett & Patricia Wright - "The Story of Painting", Dorling Kindersley Ltd, London 1994

Tatiana Kletzky-Pradere "Rennes-le-Château - A Visitors Guide", 1997

Michael Baigent, Richard Leigh & Henry Lincoln - "The Holy Blood and the Holy Grail", Arrow Books, 1996

Richard Andrews & Paul Schellenberger - "The Tomb of God, The Body of Jesus and the Solution to a 2,000-year-old Mystery", Little, Brown and Company, 1996

Henry Lincoln - "Key to the Sacred Pattern", The Windrush Press, 1997

Robert Lawlor - "Sacred Geometry", Philosophy and Practice, Thames and Hudson, 1998

Laurence Gardner - "Bloodline of the Holy Grail", Element Books, 1996

Rhapsody for a Unicorn, a literary thriller by Oscar Cappelli about the mystery of the Knights Templar, biblical archaeology, the esoteric roots of Jewish-Christian culture.

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